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Corps immanent au paysage, corps-pensant friable à l’horizon, corps en suspens se succèdent dans le travail de Pauline Buzaré, dans une chorégraphie de postures, de gestes et tâtonnements qui, délicatement, explorent la brèche du soi au tout, du sujet au monde. Pour l’artiste, le paysage n’est plus le résultat d’une perception séparée mais un état incorporé.

Dans ses oeuvres l’objet Montagne répond à l’objet Corps qui répond à Neige, Anguille, Sable, Cheveux, Vent, Minéral, Chair…
Pauline Buzaré arpente la terre, la mer, la montagne avec une ardeur calme et parfois s’arrête pour nous communiquer. Là, nichée au sommet d’un glacier poudreux ou lovée dans le sein d’une lagune humide, elle tente de conserver la trace sensible d’un vécu paysage.
Bien souvent elle fige un mouvement, comme l’expression d’un corps, qui saisit au vol, nous ouvrirait à cette intériorité extériorisée. Un élan vital et à la fois suspendu.

Parfois elle explore la temporalité de manière plus approfondie, mêlant des instants du passé, du présent, utilisant le corps et le geste de l’autre, toujours dans un paysage donné, cherchant à élargir l’exploration de cette porosité corps-nature. Il y a une forme de nostalgie extrême dans ces marches et pauses solitaires, dans ce langage inouï de l’être au monde dont parfois nous nous croyons déchus, mais Pauline Buzaré, avec une candeur profonde, le fait éclore et ravive en nous son souvenir heureux.

Marine Levéel

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